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20 ans…quel bel âge.

Faisons un saut dans le temps ! Février 1997.

Février 1997. Rue Auguste Gaché. Autour de moi, tout n’est que désert. Même les ampoules commencent à amplifier l’ambiance sombre en grillant peu à peu. Les rayons sont encore plein des achats de Noël. Mais personne ne vient les voir. Quelques curieux et quelques amis inquiets. Le téléphone devient une contrainte. Le courrier… un labeur. Ma seule pensée est de pouvoir vendre un maximum de produits de mon magasin pour ne pas me retrouver complètement à poil avec l’illusion forte que je pourrais rembourser tout le monde. Je me prépare psychologiquement à plusieurs mois difficiles. Cette bonne blague !! C’est allé au delà de mon imagination. Et l’humiliation et les ennuis qui en résulteront conditionneront plusieurs années de ma vie.

Trois mois auparavant, après moult déconvenues, mon employé, qui voulait être calife à la place du calife était parti. Il le clamait depuis longtemps, quasiment depuis son embauche. Avec mon autre employé, ils ont créé leur propre boutique. C’était des amis. Sourd aux avertissements, je me suis aveuglé tout seul par la tache qui était la mienne. Faire d’une petite boutique … le temple du jeu à Grenoble !!

Mes amis ne trouvaient plus de raisons pour m’accompagner. Plus d’envies de partager les bons et les mauvais moments. Je venais d’avoir 30 ans. Mes épaules n’ont jamais été très larges mais ExcalibuR était ma fierté. J’étais allé au delà de ce que je m’étais cru capable mais surtout au delà de ce que les autres me croyaient capable.

Trois ans plus tôt, j’avais perdu le seul ami qui aurait pu me mettre face à des réalités complexes.  Aujourd’hui, en ce début février 1997, il me manque et ma boutique a la couleur du ciel nuageux. Je commence à fermer les espaces de mon grand magasin. Je rapproche les meubles pour faire moins vide. Mais l’ennui commence à poindre son nez. Je ne me rappelle plus le premier jour ou aucun visiteur n’a franchit la porte. C’est comme s’il n’y avait eu que des jours comme ça. En ce début février, je viens de comprendre que ce ne serait plus comme avant. Qu’il me faudrait surement du courage. Parfois, je me laisse aller à quelques réflexions de vengeance. Elles sont bien vite effacées par la réalité qui chaque jour, m’impose sa loi. Je ne suis plus maitre de mon avenir. Il appartient à d’autres. A ceux qui vont avoir la tâche officielle de me faire plier le deuxième genou.

En ce début février 1997, je contemple l’absence. Je vais le contempler encore 3 mois… mais je ne le sais pas.
En ce début février 2017, j’y pense encore. C’est normal ! Chaque mois, je règle mon dû et à 50 ans, je regarde de temps en temps dans le rétroviseur. Il y a longtemps maintenant que j’ai évacué les ressentiements mais parfois, ils refont surface !

Mais tout ça. C’était avant !
C’était il y a 20 ans !

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